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Sous-collection Ethnographie

Zoom sur l'Océanie, l'Afrique subsaharienne et l'Amérique centrale
Aussi anciennes que l'université même, les collections ethnographiques de l'Université de Gand sont ses premières acquisitions. Le noyau de la collection est constitué d'objets provenant d'Océanie, d'Afrique subsaharienne et d'Amérique centrale, plus particulièrement du Guatemala, du Mexique, de la Colombie et des cultures maya, aztèque et quimbaya.

La statue millénaire de Ganesh datant de l'Antiquité hindo-javanaise en constitue l'une des pièces maîtresses. Elle vient du cabinet « Javanica », à partir duquel s'est formée la collection ethnique, quand celui-ci s'inscrivait encore dans la collection antique. À la fin du 19e siècle, une série extrêmement rare de trouvailles précolombiennes fut intégrée à la collection grâce à Adolf De Ceuleneer. Le biologiste et ethnographe Camille de Bruyne élargit encore la collection ethnique en 1905 avec notamment des « doubles » du Museum für Völkerkunde berlinois qu'il avait achetés pour ses propres cours.

Une politique de collecte progressive

Sous l'impulsion de Frans Olbrechts, l'un des pères fondateurs de l'étude scientifique de l'ethnographie et de l'art non occidental, la collection didactique a doublé de volume jusqu'à atteindre quelque quatre mille objets. Olbrechts mettait l'art ethnique sur un même pied que l'art occidental. Il plaidait en outre qu'il valait la peine de collectionner non seulement les objets rituels et artistiques mais aussi les objets du quotidien. Si, grâce à la politique de collecte progressive d'Olbrechts, la collection reflétait de plus en plus la vie quotidienne de différents peuples, elle en est aussi venue à afficher plus d'égalité entre les genres : les objets d'utilisation courante étaient généralement confectionnés par des femmes. Le professeur élargit encore la sous-collection ethnographique avec des acquisitions provenant de son expédition en Côte d'Ivoire (1938-1939). Il s'agissait de quelques centaines d'objets d'art exceptionnellement bien documentés (statues, masques, ustensiles) des Dan et des Sénoufos, deux peuples agriculteurs.

La collection perdit sa fonction pédagogique avec la suppression de la formation d'art ethnique en 2004. Sa valeur historico-scientifique, esthétique et muséale en est d'autant plus reconnue aujourd'hui. La collection est actuellement activement mise à profit à des fins de recherche et de formation dans d'autres cursus organisés au sein et en dehors de l'UGent. Les connaisseurs y trouveront également une série de pièces très rares. Trois zones constituent le fondement de la collection depuis l'acquisition de la collection de Camille de Bruyne : l'Océanie, l'Afrique subsaharienne et l'Amérique centrale, dans laquelle se démarquent plus particulièrement le Guatemala, le Mexique, la Colombie et les cultures maya, aztèque et quimbaya.

À voir au GUM

La docteure Pauline van der Zee, responsable de la collection, donne depuis 2009 une nouvelle dynamique à celle-ci en initiant des projets de recherche et en exposant la collection au public. C'est sous son impulsion que plusieurs pièces maîtresses de la collection ont récemment intégré la collection permanente du GUM. Il s'agit entre autres d'une sculpture de fougère arborescente de Vanuatu (Océanie), d'une sculpture de jumeaux unique de Côte d'Ivoire et d'une série exceptionnelle de coupes mayas provenant de Finca Chich’en, dans les environs de Coban, au Guatemala.

Retour aux origines

Dans sa politique de collecte, le GUM développe sa position sur les questions relatives à la provenance des objets de ses collections. Il s'agit ici plus spécifiquement des objets de collection qui auraient pu être acquis de manière illégale ou dont l'origine reste incertaine.

Le développement de cette position respecte les valeurs de l'Université de Gand : engagement, ouverture et pluralisme. Le GUM joue un rôle actif dans les organes de concertation créés dans le secteur pour traiter de ces questions comme le Groupe de travail Restitution, qui, à l'instar des groupes de recherche de nos pays voisins, élabore des directives à l'échelle nationale. Ce groupe de travail se compose d'experts du secteur patrimonial et académique qui se réunissent à titre individuel pour apporter une contribution pertinente au débat. Le groupe de travail a vu le jour dans le giron d'Etnocoll, une plateforme d'experts ayant de l'expérience dans les collections ethnographiques.

Le contact avec les communautés d'origine des collections ethnographiques fait depuis longtemps partie du travail de gestion des collections universitaires. L'attention portée à cette thématique sur la scène nationale et internationale peut par ailleurs servir de catalyseur pour parvenir encore plus rapidement à une politique commune à l'ensemble du secteur.

Photos : Geert Roels

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